A la recherche des cités d’or

En pensant aux Andes, qui n’a pas rêvé de parcourir les mystérieuses cités construites par les Incas ? Parmi elles, on connaît bien sûr le Machu Picchu, un passage quasi-obligatoire pour les touristes. Après avoir succombé à ce dernier, nous avons décidé d’aller plus loin en visant un autre site majeur mais bien moins fréquenté : les ruines de Choquequirao.

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Vue de la place principale des ruines de Choquequirao.

C’est parti pour une randonnée incroyable qui nous mènera aux ruines tout en traversant des paysages de rêve. Le tout peut se faire en 4 jours mais nous décidons de prendre notre temps en rajoutant une journée supplémentaire. Après tout, c’est la première fois que nous partons aussi longtemps en autonomie, alors comme on dit… doucement mais sûrement. Ça nous permettra par la même occasion de visiter les ruines plus tranquillement car le site est immense !

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Fin prêts pour ce trek de plusieurs jours jusqu’aux ruines de Choquequirao !

Autre particularité de ce trek, et nos jambes en ont fait les frais… c’est le dénivelé ! Le point culminant du trek se trouve à environ 3000 mètres alors que le point le plus bas, lorsqu’on traverse le Río Apurímac, est à 1500 mètres d’altitude. Si on schématise le trajet, il nous faut d’abord tout descendre jusqu’au fleuve puis remonter l’autre versant pour atteindre le site de Choquequirao, et inversement jusqu’au point de départ. Les 1500 mètres de dénivelé (soit à peu près 4,5 fois la Tour Eiffel) nous ont donné du fil à retordre, surtout lorsque le soleil tapait, mais nous l’avons fait !

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Dur dur la montée…

Au compteur : 42 km aller-retour jusqu’au Choquequirao ; 5-6 heures d’exploration des ruines ; plusieurs centaines de marches avalées ; 4 nuits en bivouac ; des pâtes, de la semoule et encore des pâtes.

La partie la plus drôle de cette aventure reste quand même le trajet de Cusco jusqu’à la petite bourgade de Cachora, point de départ du trek. Pour s’y rendre nous avons testé les transports locaux : colectivo jusqu’à la ville de Corahuasi (à 2h30 de Cusco, mais à 2h vu la conduite du chauffeur), puis taxi jusqu’à un embranchement, puis un dernier taxi jusqu’à Cachora. Pour le retour nous avons choisi plus simple en prenant un minibus touristique qui faisait le trajet directement jusqu’à Cusco. Ce trajet ne fut pourtant pas de tout repos : un bouchon causé par un accident nous a donné l’occasion d’observer la gestion de crise des policiers péruviens et l’imprudence de certains qui téléphonent en plein orage et manquent de se faire griller par un éclair tombé juste devant nous !

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Arrivés à Cachora, la vue sur les montagnes (Salkantay, 6271 mètres) nous laisse sans voix.

Les ruines de Choquequirao : un site encore mystérieux

Choquequirao en quechua s’écrit chuqi k’iraw et signifie « berceau d’or ». Ce site fut l’un des derniers bastions de résistance des Incas jusqu’en 1535. Il fut découvert par Juan Arias Diaz en 1710, mais les fouilles n’ont commencé que dans les années 1970. Actuellement, seulement 30 % du site sont visibles. Les archéologues continuent de fouiller car le reste est enfoui dans la jungle !

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Une zone de fouille archéologique.

Cet endroit a pu avoir différents rôles très variés : cité administrative, fonctions sociales, économiques et religieuses. Le site aurait aussi pu servir d’interface entre Cusco et la jungle. Aucune interprétation n’est certaine, le travail des archéologues étant toujours en cours et ceux-ci ayant des avis divergents sur plusieurs points.

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Sur certaines terrasses, des lamas en pierres blanches. Les ruines de Choquequirao sont le seul site où ce type de réalisations ont été découvertes.

L’architecture rappelle celle de nombreuses autres cités incas : une grande place centrale, une zone résidentielle, des entrepôts, des bâtiments administratifs, une zone cérémonielle, et bien sûr d’inombrables terrasses. Le tout est irrigué par de nombreuses rigoles en pierre organisées en un réseau complexe.

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Une construction probablement destinée à des rites cérémoniels.

Ces ruines peuvent de loin rivaliser avec le Machu Picchu. Celui-ci, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, accueille jusqu’à 2500 personnes par jour. Au Choquequirao, l’accès difficile limite d’emblée la fréquentation. Nous étions une dizaine de personnes présentes au campement du site lors de notre passage. Lorsque nous avons demandé si nous pouvions utiliser notre boleto d’entrée (60 soles) deux jours d’affilée, le gardien nous a répondu avec un grand sourire « Ecoutez, nous n’avons pas beaucoup de touristes ici, alors le Choquequirao est pour vous ». Il ne s’est pas trompé. Après avoir visité le Machu Picchu en slalomant entre les groupes de touristes, cette visite du Choquequirao en solo était un vrai privilège. Il n’y avait plus qu’à laisser notre imagination travailler pour donner vie aux décors incas.

Cependant, le Choquequirao ne restera peut-être pas aussi paisible très longtemps. Le gouvernement péruvien envisage de construire un téléphérique à travers la vallée pour réduire le temps d’accès au site, et bien évidemment augmenter le flux de visiteurs. Ce projet pourrait voir le jour d’ici 2020. Vu la beauté de la vallée et la richesse d’une expérience au coeur du site en toute tranquillité, il est clair qu’une visite avant 2020 peut valoir de l’or !

 

Quelques images de cette aventure

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Attention où l’on met les pieds… Nous avons croisé cette jolie tarentule en chemin.

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Après une rude première journée, le bivouac est monté sur le petit camping de Santa Rosa.

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Presque arrivés ! On aperçoit les ruines dans la jungle.
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On se demande si les Incas choisissaient la vue par hasard…
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La place centrale.
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Le temps se fige lorsqu’on aperçoit un condor qui vole juste à côté de nous.
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En explorant les broussailles, on se rend compte que les ruines continuent.
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Une vue d’ensemble des terrasses de la partie « basse » des ruines. Le nombre de terrasses et d’escaliers donne le tournis !
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Le dernier jour en retournant jusqu’au point de départ, nous avons le droit à un joli lever de soleil sur les montagnes.

 

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