Tout le monde le croyait du Panamá…

Célèbre chapeau tissé en paille de palmier, le panama porte un nom trompeur puisqu’il est originaire… d’Equateur. Retour sur l’histoire de ce bijou équatorien qui a été adopté autant par les ouvriers que par les célébrités.

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Du sombrero de paja toquilla au panama

Sur la côte et dans la partie amazonienne, Equateur rime la plupart du temps avec chaleur. C’est pour s’en protéger lors des longues journées de travail que les Equatoriens portent le sombrero de paja toquilla (chapeau en paille de palmier) depuis des centaines d’années. Deux ingrédients sont indispensables pour confectionner ce chapeau : la paja toquilla (paille de palmier) et le savoir-faire du tissage manuel. Avant de dévoiler ses secrets de fabrication, un détour par l’histoire permet de comprendre comment ce couvre-chef est devenu l’un des plus réputés au monde.

Au cours du XIXe siècle, l’Equateur exporte déjà ce sombrero vers les pays voisins, dont le Panamá. C’est en 1855 qu’il fait sa première apparition sur la scène mondiale, lors de l’Exposition Universelle organisée à Paris. La finesse du tissage marque les esprits.

L’épisode le plus marquant dans l’histoire du sombrero ou panama arrive un demi-siècle plus tard. Nous sommes alors en 1906 et les ouvriers qui construisent le canal de Panamá sont nombreux à porter le sombrero de paja toquilla pour se protéger de la chaleur. Lors d’une visite sur le chantier, le président américain Theodore Roosevelt apparaît coiffé de ce chapeau, le faisant ainsi entrer dans l’histoire. Progressivement d’autres personnalités, comme par exemple Winston Churchill, vont imiter Roosevelt. On peut donc parler d’une entrée réussie pour le sombrero, à un détail près : Roosevelt, les journalistes, et par extension le monde, sont persuadés que le chapeau est originaire du Panamá. Le voilà donc baptisé par erreur… « panama ».

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Une partie de la galerie des portraits affichés dans la maison Homero Ortega, à Cuenca.

Une fabrication traditionnelle perpétuée

C’est pourtant bien en Equateur que le sombrero de paja toquilla est fabriqué dans le respect de la tradition. Les techniques de tissage se transmettent de générations en générations dans les régions de Cuenca et Montecristi notamment.

En passant par la ville de Cuenca, impossible de manquer les nombreuses maisons familiales qui fabriquent et vendent ces sombreros. Parmi elles, la maison Homero Ortega propose de visiter gratuitement l’entreprise pour comprendre comment le sombrero est confectionné. Et le moins que l’on puisse dire c’est que le travail nécessaire pour obtenir le résultat final est impressionnant.

De la récolte à la couture, un travail minutieux

Tout commence dans les plantations de Carludovica palmata, qui donnent la paja toquilla. Après la récolte, on sépare les tiges en brins très fins. Ils sont cuits pour améliorer leur résistance, puis séchés en plein air. Si nécessaire, ils peuvent être teints à ce stade pour varier les couleurs du sombrero.

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Séchage des brins de paja toquilla.

Le tissage est ensuite réalisé par les femmes, entièrement à la main. Plus les brins sont fins plus le tissage prendra du temps, jusqu’à une semaine parfois. Le résultat n’en sera que plus souple… et plus cher. Rien qu’au toucher, on réalise la qualité du travail accompli.

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Une partie des ouvrières de la maison Homero Ortega.

Il reste encore de nombreuses étapes avant que le sombrero soit prêt : une fois tissé, il est lavé, traité et séché. On lui donne sa forme en le pressant sur un moule préalablement chauffé. Dans la maison Homero Ortega, vous avez au choix 82 formes de sombrero !

Il reste enfin les finitions : bords du chapeau, couture de rubans… Après ce long processus, qui prend environ un mois, le sombrero est prêt.

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Atelier de couture de la maison Homero Ortega.

La maison Homero Ortega propose même de réaliser vos plus beaux sombreros sur mesure ! Aujourd’hui le panama classique reste indémodable mais les créateurs innovent et proposent des formes plus variées et travaillées, pour un résultat surprenant et toujours élégant. Les modèles les plus chers peuvent coûter 20 000 dollars, (on vous aura prévenus !). Quoi qu’il en soit si vous comptez porter un panama, voici quelques conseils d’usage : conseils de la maison Ortega (en anglais).

 

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Une réflexion sur “Tout le monde le croyait du Panamá…

  1. Au plaisir de vous revoir. A la semaine prochaine Tristan et Anne-Claire pour le récit de votre merveilleux voyage. Autour d’un ceviche ? le Panama n’étant pas de saison à Douarn….Bises

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